Le style tango milonga

par Nathalie Clouet www.unriendetango.com

Les danses
Jusqu’en 1850 à Buenos Aires, on dansait, les polkas, les Habaneras, les mazurkas, les scottishs et, dans les théâtre ; les zarzuelas, les tanguillos espagnols, ou tulos.
Puis c’est à la toute fin du 19 ème siècle, apparaît, ce que l'on appelle le 'Tango Milonga'.
Les noirs se réunissaient encore, avant la guerre de la triple alliance, pour danser le candombes, sautillants et sensuels. Jusqu’en 1850 toutes ces cadences se mêlent.
Vers 1875 est apparu la Milonga de couple avec sa chorégraphie hardie, joyeuse et picaresque.

Démographie et mesure à 4/4, le ralentissement
Vers 1887, à Buenos Aires, 61% des hommes, n'étaient pas Argentins
C’est le début d’une migration importante de peuples venus de France, d’Espagne, d’Italie, des Russes ; De toute l'Europe.
La plupart s’installent dans la capitale fédérale
Les banlieues de Buenos-Aires se peuplent de ces émigrants
Avec les autochtones, Ils échangent tout ce qu’ils possèdent : nourriture, vêtements, musique, instruments, guitare, flûte, accordéon, harpe, violon, peigne…

Influencée par l'explosion démographique survenue dans les faubourgs de la ville, la milonga, sans doute au contact des nouveaux venus ralenti. L'enlacement se calme.

La milonga devient Tango Milonga.
Parce que la danse se pose, la musique ralenti également.
La milonga est écrite en 2/4 (2 noires par mesure), toujours aujourd'hui, à cause de se rythmique spécifique - Tam ta li ta tam ta li ta -

Le tango milonga est binaire, il est joyeux, on l'écrivait avec 2 temps par mesure ou 4 temps par mesures. Sans doute à cause de se ralentissement mais aussi par commodité de lecture des partitions musicales.
Pour se transformez définitivement en un rythme à 4 temps par mesure : le tango argentin.
Ni Horacio Salgan, ni Osvaldo Pugliese n'ont pu lui expliquer quel a été le moment ou les conditions exactes de la transformation musicale qui est arrivée entre la milonga et le tango.

Ce qui est sur, c’est que le ralentissement chorégraphique amène la musique à se transformer. Les musiciens adaptent leur jeu musical aux nouveaux mouvements de la danse. Dans les faubourgs, la chorégraphie de cette danse à laquelle la musique s'adapte se développe à la vitesse vertigineuse de l'explosion démographique.

Orgue de barbarie, les instruments
À cette époque ça n’existait pas tout ça, (montrer la sono dans la salle)
Tout ce qui concernait les installations électriques étaient à ses débuts et précaire.
Habituellement, en fin d’après midi, à l’angle de la rue apparaissait l’orgue de barbarie, El organito. C’était généralement un Italien qui l’apportait

Les organistes s’arrêtaient au coin de la rue et tous les jeunes gens en profitaient, ils venaient là, danser ou pratiquer, pour voir faire et essayer quelques passes de tango
On l’appel le tango mais en fait, c’était toujours, une forme tango milonga
À cette époque on dit aussi tango mais c’est du tango milonga, un tango avec l’ambiance de la milonga

En ce qui concerne les femmes, au début, c’était toujours plus ou moins interdit
Même si parfois certaines dansaient dans ces bals du coin d’la rue, mais elles étaient mal vues.
Ainsi donc, les hommes pratiquaient pour ensuite aller faire danser les femmes sur une chorégraphie était sensuelle avec de la marche

Pour que vous puissiez l’entendre, bous allons commencer avec des enregistrements d’orgue de barbarie
On doit écouter car les gens dansaient sur ça, avec ce genre de musique.



Le style tango milonga

Comment se profile, la fusion chorégraphique entre la milonga et le tango ?

On parle d'un climat gai et amusé avec des petites marches, des poses et des figures primitives à certains moments.

La milonga se transforme, se danse plus au sol, les corps se calment et on commence à mettre en valeur le jeux de jambes, , ce qui rend les corps plus statiques pour pouvoir danser plus proche.

Le tango milonga laisse déjà apparaître une certaine façon de "pisar" cad d'appuyer, de "s'ensoler", vers le bas, vers le sol.
Il conserve pourtant, un côté joueur, gai mais plus au sol .

Entre autres sources, l’Anthologie du tango Rioplatense Vol.1 del Instituto nacional de musicologia Carlos Vega (BA 1980) stipule qu’entre 1898 et 1904,

Il est très difficile de repérer certains mouvements crées par des danseurs naturels et exécutés sur inspiration musicale.

chacun danse à sa façon et a la capacité de créer constamment de nouvelles figures, des mouvements inconnus, et semble être en constante improvisation.

Cela peut être dû au fais que le physique, l'énergie de l'émigrant n'est pas la même que celle d'un danseur de race noire qui dansait la milonga.

Une description explique que le couple pouvait sembler, par moment "s'endormir" ; par un mouvement cadencé sur 1 ou 2 temps, puis repartir.

D’autres commentaires disent que le tango est une danse difficile, qui nécessite un corps flexible et des jambes prodigieuses.
À tel point que l'on ne pouvait même pas parler en dansant pour ne pas perdre le "compas", que l'on peut traduire par la mesure-cadence, ou par une notion de lien étroit entre le mouvement et la musique.

Ces commentaires indiquent la présence de figures variées ou cortes* (*c’est à synonyme d’interruption du déplacement, de paradas, ou synonyme de figure), figure que l’on appelle également firulete, lorsqu’elle n’a pas encore de nom.
Les quebradas*, sortes de suspensions momentanées du déplacement, visuellement, des lignes brisées. Ou encore balanceos quebrallòn voluptuosos, vaìven marcadissimo.
Des taconéos, c’est à dire des frappes de pied d’un ou des deux danseurs, en amorce d'une danse par exemple. Immortalisé dans le morceau El esquinazo.
Des pasos cruzados, des ochos,
un couple est pris en photo, flanc contre flanc, au moment d'un "refiloneo*" c'est à dire un passage en biais, qu'on peut imaginer comme le passage latéral de la danseuse dans le paso doble. *refilon signifie en passant, de travers, en écharpe.
Des carreritas ou corriditas, ce sont de petites marches,
La media luna, la vuelta

Les corps sont calmés puisque l'on s'intéresse particulièrement à la complexification des déplacements de jambes
On danse plus rapproché, la danse devient plus dangereuse, plus sensuelle.
Cependant elle conserve toujours cette allure joyeuse, mais plus appuyée plus au sol
Cette façon de danser c'est à donc ralentie, petit à petit.
Comme si la danse avait gagné en pesanteur, en profondeur.

Le 'Tango Milonga d'alors est déjà très proche de cette manière spécifique du tango, d'appuyer plus la marche au sol.
Le tango devient une danse et cette danse plus dangereuse.